Intervention
Désinfecter un logement après une situation d'insalubrité
Un logement vidé n'est pas un logement assaini. La désinfection est une étape technique, avec des règles de temps de contact et de compatibilité de matériaux qui ne s'improvisent pas.

La désinfection consiste à réduire la charge microbienne des surfaces d'un logement après évacuation, à l'aide de produits biocides appliqués selon leur dosage et leur temps de contact. Elle ne remplace pas le nettoyage : une surface encore souillée ne peut pas être désinfectée efficacement, quel que soit le produit employé.
Nous ne demandons ni le nom de la personne concernée, ni son adresse, tant que vous n'avez pas décidé de faire appel à nous. Un premier échange sert à savoir ce qu'il est possible de faire, pas à constituer un dossier.
Nettoyer, puis désinfecter — jamais l'inverse
C'est l'erreur la plus répandue, y compris chez des professionnels. Un désinfectant appliqué sur une matière organique se consomme à neutraliser cette matière et n'atteint jamais le support. Le résultat paraît propre, sent le produit, et ne l'est pas.
Nous procédons donc toujours en deux passes distinctes : élimination mécanique et détergence d'abord, désinfection ensuite, avec respect du temps de contact indiqué par le fabricant. Ce temps varie de quelques minutes à un quart d'heure selon les produits ; l'écourter revient à ne rien faire.
Les produits que nous employons relèvent de la réglementation européenne sur les biocides. Nous utilisons ceux dont l'usage est autorisé pour l'application concernée, et nous vous indiquons lesquels ont été employés dans les pièces traitées.
Les surfaces qui posent problème
Sur ces supports, la désinfection seule ne suffit pas et il faut arbitrer entre traitement et dépose.
Moquettes et sols textiles
Poreux, ils retiennent les liquides en profondeur. Au-delà d'un certain niveau d'imprégnation, la dépose est la seule option honnête.
Parquets anciens
Fréquents dans l'Écusson. Les liquides passent entre les lames et imprègnent le plancher. Le traitement de surface ne règle alors qu'une partie du problème.
Plâtre et cloisons
Une cloison imprégnée continue de diffuser. Nous vous le disons plutôt que de la repeindre par-dessus.
Joints et silicones
Salles d'eau et cuisines : les joints noircis ne se désinfectent pas durablement, ils se remplacent.
Matelas et rembourrés
Non désinfectables en pratique. Ils partent en filière déchets.
Circuits d'évacuation
Siphons et canalisations restent des réservoirs d'odeurs si on les oublie.
Le protocole que nous appliquons
Diagnostic des supports
Identification pièce par pièce de ce qui est traitable et de ce qui doit être déposé. C'est cet arbitrage qui détermine le devis.
Protection des opérateurs
Combinaison, protection respiratoire adaptée, gants et lunettes. La nature des équipements dépend de ce qui a été identifié à l'étape précédente.
Élimination et détergence
Retrait mécanique des souillures, lavage avec détergent. C'est la passe qui fait l'essentiel du travail.
Application du biocide
Dosage, application, respect intégral du temps de contact. Puis rinçage lorsque le produit l'exige.
Gestion des déchets à risque
Conditionnement séparé, filière dédiée, justificatifs remis avec le dossier de fin de chantier.
Contrôle visuel contradictoire
Nous parcourons le logement avec vous. Ce qui n'a pas pu être traité est signalé, pas dissimulé.
Traiter ou déposer : comment nous tranchons
C'est l'arbitrage qui détermine l'essentiel du devis. Nous le posons à la visite, support par support, et nous vous le présentons avec son coût et son résultat attendu.
- Surface non poreuse peu souillée
- Traitement. Carrelage, faïence, stratifié, métal : détergence puis désinfection suffisent et tiennent dans la durée.
- Surface non poreuse fortement souillée
- Traitement, avec passes multiples. Le coût est en heures, pas en matériaux.
- Textile de sol imprégné
- Dépose. Au-delà d'un certain niveau d'imprégnation, aucun traitement de surface ne tient jusqu'à un état des lieux d'entrée. Le dire avant évite de facturer deux fois.
- Parquet ancien imprégné entre les lames
- Selon la profondeur. Un traitement de surface ne règle qu'une partie du problème ; nous signalons clairement ce qui reste incertain plutôt que de le passer sous silence.
- Bas de cloison en plâtre imprégné
- Dépose partielle. Repeindre par-dessus une cloison qui diffuse encore est la reprise que nous voyons le plus souvent après une première entreprise.
- Matelas et mobilier rembourré
- Dépose, sans discussion. Ils ne se désinfectent pas en pratique et partent en filière déchets.
Faire évaluer l'état des surfaces
Le diagnostic des supports se fait sur place. Il conditionne tout le reste du chantier, et c'est ce qui distingue un devis sérieux d'une estimation au mètre carré.