Votre situation
Vous vous inquiétez pour quelqu'un
La plupart des personnes qui nous appellent commencent par s'excuser. Il n'y a rien à excuser : vous cherchez comment aider quelqu'un, c'est tout.
Si un proche vit dans un logement devenu insalubre, vous ne pouvez pas faire nettoyer contre sa volonté s'il est majeur et non protégé. La démarche efficace consiste à obtenir son accord, même partiel, puis à faire intervenir une entreprise. En cas de danger avéré, les services sociaux et le médecin traitant sont les bons relais.
Nous ne demandons ni le nom de la personne concernée, ni son adresse, tant que vous n'avez pas décidé de faire appel à nous. Un premier échange sert à savoir ce qu'il est possible de faire, pas à constituer un dossier.
Ce qui bloque presque toujours
La personne ne demande pas d'aide. Ce n'est pas de l'entêtement : c'est souvent une caractéristique de la situation elle-même. Beaucoup de personnes concernées ne perçoivent pas leur logement comme un problème, ou le perçoivent sans parvenir à agir. Insister frontalement produit en général l'effet inverse de celui recherché.
De votre côté, la charge est double. Il y a l'inquiétude, et il y a la culpabilité de ne pas avoir vu plus tôt. Nous entendons cette phrase presque à chaque appel : « je ne comprends pas comment j'ai pu ne rien remarquer ». Les logements en incurie ne se visitent pas, et les personnes concernées organisent souvent leur vie sociale pour que personne n'entre. Vous n'avez pas failli.
Enfin, il y a la peur de la rupture. Beaucoup de proches renoncent à agir de crainte que la personne ne leur ferme définitivement la porte. C'est une crainte fondée, et c'est exactement pour cette raison qu'il vaut mieux avancer par petits accords successifs plutôt que par une décision unilatérale.
Ce qui aide, ce qui n'aide pas
Négocier une pièce, pas le logement
Obtenir l'accord pour la cuisine ou la salle d'eau est plus atteignable, et le résultat visible facilite souvent la suite.
Passer par un tiers
Médecin traitant, infirmier à domicile, travailleur social : leur parole passe parfois là où celle d'un enfant ne passe plus.
Éviter le nettoyage en cachette
Vider pendant une hospitalisation ou une absence est une rupture de confiance dont beaucoup de familles ne se remettent pas.
Ne pas fixer d'ultimatum
Les échéances imposées provoquent le repli. Le calendrier doit rester négociable, y compris le nôtre.
Documenter sans espionner
Quelques photos suffisent pour établir un devis. Il n'est pas nécessaire de constituer un dossier accablant.
Se faire aider aussi
Le CCAS, les associations d'aidants et les groupes de parole existent aussi pour l'entourage. Vous n'êtes pas obligé de porter cela seul.
Ce que vous nous demandez le plus souvent
Puis-je faire nettoyer sans son accord ?
Non, si la personne est majeure et ne fait l'objet d'aucune mesure de protection juridique. Son logement relève de sa vie privée, même s'il est dégradé. Une intervention forcée vous exposerait, et nous ne l'effectuerons pas. Si vous estimez qu'il y a un danger immédiat pour elle ou pour l'immeuble, le bon interlocuteur est le médecin, les services sociaux ou, selon la situation, le service d'hygiène de la commune.
Elle est sous tutelle. Qui décide ?
Le mandataire ou le tuteur familial, dans les limites de la mesure prononcée. Selon la nature de l'acte, une autorisation du juge peut être nécessaire. Nous établissons le devis au nom de la personne protégée et nous le transmettons au mandataire, qui reste notre interlocuteur pour l'engagement de la dépense.
Peut-on venir voir avant de décider quoi que ce soit ?
Oui, et c'est souvent ce que nous conseillons. La visite d'évaluation est gratuite, dure moins d'une heure et n'engage à rien. Beaucoup de familles ont surtout besoin de savoir à quoi elles font face avant de parler d'argent ou de calendrier.
Que se passe-t-il si elle change d'avis le jour du chantier ?
Nous arrêtons. Nous ne poursuivons jamais une intervention contre le refus explicite de l'occupant. Nous vous facturons alors uniquement ce qui a été réalisé, et nous vous proposons de reprendre plus tard. C'est arrivé, et ce n'est pas un échec : c'est souvent une étape.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Pour un studio ou un T2 à Montpellier, une à deux journées de chantier. Pour un logement plus grand ou avec des contraintes d'accès, trois à cinq jours. Mais le délai qui compte le plus est celui d'avant : obtenir l'accord de la personne peut prendre des semaines, et c'est du temps utile.
Les premières démarches, dans l'ordre
Cet ordre est celui qui rate le moins souvent.
Reprendre le contact, sans parler du logement
Rétablir une relation avant d'aborder le sujet. Une visite, un repas, un appel régulier.
Parler de la personne, pas des objets
« Je m'inquiète pour toi » passe là où « il faut jeter tout ça » ferme la porte.
Identifier un allié
Médecin traitant, infirmier, aide à domicile, voisin de confiance. Quelqu'un qui entre déjà dans le logement.
Faire évaluer sans engagement
Nous venons voir, nous chiffrons, et vous gardez le devis dans un tiroir aussi longtemps qu'il le faut.
Négocier un périmètre acceptable
Une pièce, un couloir, la salle d'eau. L'objectif est de commencer, pas de tout régler.
Prévoir l'après
Un logement nettoyé sans accompagnement se réencombre. Aide à domicile, suivi médical, passage régulier : c'est ce qui fait tenir le résultat.
Les phrases qui ferment la porte, et par quoi les remplacer
Ce ne sont pas des formules magiques. Mais l'expérience des familles que nous accompagnons converge sur ce point.
- « Il faut jeter tout ça »
- Désigne les objets comme des déchets, donc la personne comme quelqu'un qui vit dans ses déchets. Préférez : « je peux t'aider à dégager la cuisine ? »
- « Tu ne peux pas vivre comme ça »
- Constat qu'elle connaît déjà, formulé comme un jugement. Préférez : « je m'inquiète pour toi, pas pour l'appartement ».
- « Je reviens samedi avec des sacs »
- Ultimatum déguisé. Il déclenche le repli, et parfois la porte close pour des mois. Préférez proposer une date sans objet imposé.
- « On va faire venir quelqu'un »
- Décision prise sans elle. Préférez : « est-ce que tu accepterais que quelqu'un vienne juste regarder, sans rien faire ? »
- « Ce n'est pas grave, ça arrive »
- Minimise, et donc décrédibilise l'inquiétude que vous exprimez par ailleurs. Mieux vaut nommer les choses simplement.
- Le silence gêné
- Beaucoup de familles ne disent rien pendant des années par peur de blesser. Le non-dit laisse la situation s'installer sans protéger personne.
Poser vos questions avant toute chose
Beaucoup d'appels que nous recevons ne débouchent pas sur une intervention, et c'est très bien ainsi. Si notre réponse est qu'il faut d'abord voir un médecin ou un travailleur social, nous vous le dirons.